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Matt se réveilla en sursaut. Il mit quelques secondes à comprendre qu'il s'était endormi sur le fauteuil de la chambre de Molly. La petite fille dormait profondément et paisiblement. C'était la première fois depuis des mois qu'elle n'avait pas eu peur d'aller se coucher, n'ayant plus rien à redouter de « L'homme des Cauchemars ». Matt avait encore du mal à croire à tout ce qui venait d'arriver, au fait que c'était son père qui terrorisait ainsi celle qu'il considérait comme sa propre fille.
Soupirant, il jeta un coup d'oeil au réveil qui indiquait 2h18, et réalisa que la lumière du salon était encore allumée. D'où il était, il pouvait entendre les doigts du généticien pianoter rapidement sur le clavier. Il se leva, s'étira puis s'approcha de la porte. Il s'appuya à l'encadrement, contemplant en silence le dos de Mohinder qui ne semblait pas conscient de sa présence.
Matt n'avait jamais été attiré par les hommes. Il était sorti avec une seule fille avant de rencontrer Janice au lycée. Il était tombé fou amoureux d'elle, l'avait épousée et n'avait plus jamais posé les yeux sur une autre femme. Et puis, elle l'avait trahi. Le jour où il l'avait appris, il avait cru ne plus jamais pouvoir tomber amoureux.
Et puis tout s'était compliqué : Sylar, l'Organisation, Molly, Kirby Plaza... Il avait bien failli mourir là-bas. S'il n'y avait pas eu Molly, il était sûr qu'il n'aurait pas eu la force de s'en sortir. Mais il avait promis à la fillette de veiller sur elle, de la protéger, d'être son héros. Alors, il s'était battu. Il s'en était sorti douloureusement, mais avait réussi à tout surmonter pour elle.
Lorsqu'il s'était réveillé à l'hôpital après son opération, Molly était à son chevet... accompagnée de Mohinder. Le généticien avait pris la petite fille avec lui, chez lui, et veillait sur elle. Il lui avait dit en riant qu'il « assurait l'intérim » le temps qu'il se remette de ses blessures. Matt l'avait remercié et leur avait promis de vite guérir. Ils étaient venus le voir tous les jours et, au fil du temps, les deux hommes étaient devenus amis.
Et puis vint le jour où il sortit de l'hôpital. Sans Molly, il serait sûrement retourné à Los Angeles, mais il ne voulait pas s'éloigner d'elle. Lorsqu'il en avait fait part à Mohinder, son ami lui avait proposé de s'installer chez lui. Ce n'était pas très grand, mais suffisant pour eux trois. Matt avait accepté sans hésiter.
Cela faisait maintenant trois mois qu'il vivait là. Son amitié envers Mohinder s'était renforcée... jusqu'au jour où il s'était aperçu qu'il tenait au généticien bien plus qu'il n'aurait dû... Il lui avait fallu plusieurs semaines pour comprendre ce qui lui arrivait... et lorsqu'il réalisa la nature exacte de ses sentiments, il se prit à espérer qu'ils soient un jour réciproques, même si l'espoir était infime...

Mohinder se redressa sur sa chaise en soupirant. Il pencha sa tête d'un côté, puis de l'autre pour se décontracter la nuque. Matt était toujours dans l'encadrement de la porte, silencieux. Sans le vouloir, il entendit les pensées de son ami :
« Je ne serai pas contre un petit massage des cervicales... »
Matt ne réfléchit pas. Il s'approcha en prenant soin de faire un peu de bruit pour ne pas effrayer son ami, puis posa ses mains sur ses épaules et commença à le masser doucement. Mohinder bredouilla :
« Que... qu'est-ce que... »
« Laisse-moi faire... Il paraît que j'ai des doigts de fée ! »
Il sentit le généticien se détendre.
« Tu devrais aller dormir. »
« Il faut que je trouve le moyen de soigner Niki. »
« Il faut surtout que tu te reposes de temps en temps ! » le morigéna Matt. « Je sais que ton travail est important, mais si tu tombes malade à cause de la fatigue, ça n'aidera personne ! »
Mohinder soupira profondément.
« Tu as raison ! »
« Comme toujours ! » sourit le policier.
Son ami tourna la tête en direction de la chambre de Molly.
« Elle dort ? »
« Comme un bébé. Je pense qu'elle n'a plus rien à craindre maintenant. »
« Merci... merci de l'avoir sauvée... Merci de nous avoir tous sauvés... Si tu n'étais pas intervenu, je pense que ton père aurait fait en sorte que Niki nous tue tous. »
Matt soupira.
« N'en parlons plus ! Allez, va te coucher ! »
« A vos ordres, Détective Parkman ! »
Mohinder éteignit son ordinateur portable, referma le dossier qui contenait ses notes, puis se leva. Matt, qui ne s'était pas beaucoup écarté, se retrouva nez-à-nez avec son ami. Une envie irrépressible s'empara alors de lui.
« Embrasse-moi ! »
A peine conscient ce qu'il faisait, il fondit sur les lèvres de Mohinder. Le généticien lui rendit immédiatement son baiser. Une vague de désir traversa le corps de Matt qui réalisa ce qu'il venait de faire. Il repoussa un peu brusquement son ami et bredouilla :
« Je... je suis désolé... »
Puis il quitta l'appartement, incapable de croiser le regard de Mohinder.

***

Mohinder resta planté au milieu du salon, incapable de bouger, sous le choc de ce qui venait d'arriver. Il pouvait encore sentir la douceur des lèvres de Matt sur les siennes. Il se passa une main sur le front, n'arrivant pas à croire que ce dont il rêvait depuis si longtemps s'était enfin réalisé. Depuis des semaines, il luttait contre ses sentiments. Il faisait tout pour dissimuler ses pensées les plus intimes en présence de son ami, ne voulant pas risquer de gâcher leur complicité. Se plonger dans le travail avait été jusque là très efficace... jusqu'à ce soir...
Lorsqu'il avait senti les mains de Matt le masser, il avait du faire en sorte de vider son esprit pour ne pas risquer de laisser échapper la moindre pensée compromettante. Mais, lorsqu'ils s'étaient retrouvés face à face, une bouffée de désir l'avait traversé et les mots s'étaient formés tous seuls dans son esprit.
« Embrasse-moi ! »
Il s'attendait à ce que Matt s'éloigne, choqué... et pas à ce qu'il obéisse à son ordre muet. Et, à présent, il ne comprenait pas pourquoi son ami était parti comme ça, en s'excusant. Une chape de fatigue s'abattit soudainement sur lui. Il fallait qu'il parle à Matt, mais il ne se sentait pas la force de partir à sa recherche. Et puis, il ne pouvait pas laisser Molly seule dans l'appartement. Alors, il se dirigea vers sa chambre, se déshabilla, enfila un pyjama et se coucha. Il ferma les yeux, mais malgré son épuisement, le sommeil ne vint pas. Il n'arrêtait pas de revivre dans son esprit ce baiser qu'ils avaient échangé.

Il était presque quatre heures lorsqu'il entendit la porte de l'appartement s'ouvrir. Il n'avait pas du tout dormi et savait qu'il ne trouverait pas le repos tant qu'il n'aurait pas eu une discussion franche avec Matt. Il se releva et trouva son ami dans la cuisine, assis à une chaise, l'air pensif. En l'entendant arriver, le policier leva les yeux vers lui.
« Il faut qu'on parle. »
« Je sais... »
Mohinder s'assit près de lui et ouvrit la bouche mais Matt fut plus rapide :
« Je suis désolé de ce qui s'est passé tout à l'heure... »
Le généticien sentit son coeur se serrer. Ses craintes étaient fondées : son ami avait agit sous une impulsion qu'il regrettait déjà. Son amertume fit place à de l'étonnement lorsque l'autre homme ajouta :
« Je n'aurais jamais dû t'envoyer cet ordre... »
« Un ordre ? Quel ordre ? »
« Celui de m'embrasser ! »
Mohinder ne put s'empêcher de sourire. Il venait de comprendre que toute cette histoire n'était qu'un terrible malentendu. Et, surtout, que leurs coeurs avaient les mêmes désirs.
« Tu ne m'as rien envoyé du tout ! »
Ce fut au tour de Matt d'être surpris :
« Comment ça ? »
« J'avais réellement envie que tu m'embrasses... ce que tu as cru être un ordre venant de toi n'était rien d'autre que ma propre pensée ! »
Le policier ne semblait pas convaincu. Mohinder lui prit la main et souffla :
« Lis dans mon esprit... Je t'aime, Matt... Ce baiser était la réalisation d'un rêve... et je serai le plus heureux des hommes s'il se renouvelait... maintenant... »
« A tes ordres, Docteur Suresh... »

Matt se pencha lentement vers lui. Leurs lèvres se retrouvèrent à nouveau. Mohinder posa la main sur la nuque de son compagnon alors que le baiser s'approfondissait. Lorsqu'ils se séparèrent, ils restèrent un long moment immobiles, front contre front. Puis, le généticien se leva et tendit la main à son ami.
« Je ne pourrais pas dormir si tu n'es pas près de moi... »
« Tu as besoin d'un nounours à ton âge ? »

Mohinder sourit.
« Seulement si c'est toi ! »
« Alors c'est d'accord... je veux bien être ton nounours... »

Matt se leva à son tour, prit la main tendue et se laissa entraîner dans la chambre dont il referma soigneusement la porte. Les deux hommes s'allongèrent côte à côte. Blotti dans la chaleur de l'étreinte de son compagnon, Mohinder réussit enfin à s'endormir paisiblement.

Fin.


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